Migraines et cephalées
La lumière est insupportable. Le moindre bruit est un marteau. La douleur bat d'un côté de la tête, pulsation après pulsation, comme un cœur qui frapperait contre la paroi du crâne. La migraine est l'…
≈ 24 min de lectureLa lumière est insupportable. Le moindre bruit est un marteau. La douleur bat d’un côté de la tête, pulsation après pulsation, comme un cœur qui frapperait contre la paroi du crâne. La migraine est l’un des symptômes les plus invalidants de la ménopause, et paradoxalement l’un des moins connus du grand public comme symptôme ménopausique.
Les migraines hormonales sont liées aux fluctuations des œstrogènes. Pendant la périménopause, quand les œstrogènes oscillent violemment, les migraines peuvent s’aggraver. Après la ménopause, quand les œstrogènes se stabilisent a un bas niveau, les migraines s’amelioresent souvent. C’est l’orage cérébral : tant que le barometre (les œstrogènes) oscille, l’orage gronde. Quand le barometre se stabilise, le ciel s’eclaircit.
Médecine moderne : un orage cérébral déclenché par le barometre hormonal
La migraine est une maladie neurologique caractérisée par des crises de céphalées pulsatives, unilatérales, accompagnées de nausées, de photophobie (sensibilité à la lumière) et de phonophobie (sensibilité au bruit). Elle touche 18% des femmes (contre 6% des hommes), et elle est profondément influencee par les hormones.
Les migraines hormonales ou migraines catameniales (migraines liées au cycle menstruel) sont déclenchées par la chute des œstrogènes. Avant la ménopause, elles surviennent typiquement 2 jours avant et 2 jours après les règles (quand les œstrogènes chutent brutalement). Pendant la périménopause, les œstrogènes oscillent violemment (ch.1), et chaque chute peut déclencher une migraine. Une étude publiée dans Cephalalgia (2023) a montré que 60% des femmes migraineuses voient leurs migraines s’aggraver pendant la périménopause.
Le mécanisme de la migraine impliqué le système trigéminovasculaire (réseau de nerfs et de vaisseaux qui innerve le cerveau). La chute des œstrogènes déclenche la libération de CGRP (Calcitonin Gène-Related Peptide, neuropeptide pro-inflammatoire) qui dilate les vaisseaux cérébraux et active l’inflammation des meninges. C’est cette inflammation qui produit la douleur pulsative. Les œstrogènes modulent la libération de CGRP : quand ils sont stables, le CGRP est contrôle. Quand ils chutent brutalement, le CGRP s’envole, et l’orage éclate.
La post-ménopause apporte souvent un soulagement. Quand les œstrogènes se stabilisent a un bas niveau (plus de fluctuations), le barometre est stable, et les migraines hormonales diminuent. Une étude publiée dans Ménopause (2022) a montré que 67% des femmes migraineuses voient leurs migraines s’améliorer après la ménopause, et 25% ne font plus de migraines du tout. C’est l’une des rares bonnes nouvelles de la ménopause : le ciel se degage.
MAIS toutes les migraines ne s’ameliorient pas. 15% des femmes voient leurs migraines persister ou s’aggraver après la ménopause. Et de nouvelles céphalées peuvent apparaître. Toute céphalée nouvelle, sévère, ou changeante après la ménopause nécessite un bilan neurologique : céphalée de Horton (cluster headache), hypertension artérielle, céphalée de tension, et surtout éliminer les céphalées secondaires. L’arterite temporale (inflammation de l’artère temporale, urgente, risque de cecite) est particulière a surveiller chez la femme de plus de 50 ans : céphalée temporale nouvelle, douleur à la mastication, fatigue, VS (vitesse de sédimentation) élevée. C’est une urgence médicale.
Que propose la médecine moderne ? Pour la crise : triptans (sérotonin 5-HT1B/1D agonistes, vasoconstricteurs cérébraux) (sumatriptan, rizatriptan, eletriptan) en prise précoce des le début de la crise. Les anti-inflammatoires (ibuprofene, naproxene) pour les migraines légères a modérées. Pour la prévention : bêtabloquants (propranolol), anti-CGRP (erenumab, fremanezumab, galcanezumab, injectables mensuels), topiramate, amitriptyline (ch.9). Le THM a un effet variable : il peut améliorer ou aggraver les migraines selon la femme et le type de THM (le THM transdermique est préfère chez les migraineuses, l’IMS 2025).
MTC : le Yang du Foie qui monte, le Vent qui secoue
En médecine traditionnelle chinoise, les migraines et céphalées à la ménopause relèvent principalement de la montée du Yang du Foie (Gan Yang Shang Kang). Le Foie, que nous avons découvert au chapitre 2 et retrouvé aux chapitres 8, 9 et 15, est l’organe qui assure la libre circulation du Qi et du Sang. Quand le Yin du Foie est suffisant, le Yang du Foie est contenu, ancré. Quand le Yin s’épuise (la ménopause épuisé le Yin de tous les organes), le Yang n’est plus retenu : il monte vers la tête. C’est le volcan : le Yin est la croute terrestre qui contient le magma (le Yang). Quand la croute s’amincit, le magma remonte et le volcan entre en éruption.
La montée du Yang du Foie produit les symptômes suivants : céphalées pulsatives (le Yang bat), vertiges (le Yang monte), acouphènes (le Yang gronde dans les oreilles), rougeur du visage, irritabilité, insomnie, bouche sèche, langue rouge, pouls tendu (en corde). C’est le tableau typique de la migraine ménopausique : la tête qui chauffe, le corps qui se dessèche, l’esprit qui s’agité.
Le Vent interne est le second mécanisme. En MTC, le Vent est un mouvement erratique, migrateur. Le Vent interne est généré par le vidé de Yin (le Yin ne retient plus le Yang, qui se transformé en Vent). Les symptômes du Vent : douleurs migratrices (la migraine changé de côté), vertiges, tremblements, engourdissements, tics. Le Vent interne est comme le vent dans les branches : il secoue, il déplace, il ne reste jamais au même endroit.
La stase de Sang du Foie est un troisième tableau. Quand le Sang stagné dans les méridiens du Foie (qui montent à la tête), la douleur est fixe, violente, en coup de poignard. La langue est violacée, le pouls rugueux. Ce tableau correspond aux migraines chroniques avec aura et aux céphalées vasculaires.
Le traitement MTC consiste a faire descendre le Yang du Foie, nourrir le Yin, et calmer le Vent. La formule de référence est Tian Ma Gou Teng Yin (décoction de gastrodia et uncaria) qui fait descendre le Yang, calmé le Vent, et nourrit le Yin. Pour la stase de Sang, Xue Fu Zhu Yu Tang (décoction pour chasser la stase de la résidence du sang) (ch.14) fait circuler le Sang. Ces formules doivent être prescrites par un praticien certifié en MTC.
L’acupuncture pour la migraine a un niveau de preuve élève. Une méta-analysé publiée dans Cochrane Database of Systematic Reviews (2023) a montré que l’acupuncture réduit la fréquence des migraines de 40% et l’intensité de 50%. Les points clés : VB20 (Fengchi) (à la base du crâne, dans le creux sous l’occiput) le point du Vent, qui fait descendre le Yang du Foie et calmé le Vent ; F3 (Taichong) (sur le dessus du pied, entre le 1er et le 2e orteil) (ch.15) le point source du Foie, qui nourrit le Yin et fait descendre le Yang ; Taiyang (point extraordinaire, dans le creux de la tempe) le point des tempes, qui soulage les céphalées temporales. Masser VB20 et Taiyang en cas de crise : presser fermement VB20 des deux côtés pendant 2 a 3 minutes, puis masser Taiyang en cercles lents.
Ayurveda : Vata-Pitta qui s’embrase, le phare qui brûle
L’Ayurveda aborde les migraines et céphalées à la ménopause a travers le déséquilibre de Vata et de Pitta, avec deux sous-doshas particuliers : Vyana Vayu et Alochaka Pitta.
Vyana Vayu, que nous avons découvert au chapitre 14 pour les palpitations, gouverné la circulation sanguine. La migraine est un problème de vasomotricité cérébrale : les vaisseaux se dilatent (CGRP) puis s’enflamment. Vyana Vayu, qui contrôle cette vasomotricité, est desorganisé à la ménopause (Vata aggravé). Quand Vata perturbé Vyana Vayu, les vaisseaux cérébraux se contractent et se dilatent de façon erratique : c’est la pulsation douloureuse de la migraine.
Alochaka Pitta est un sous-dosha de Pitta que nous n’avons pas encore exploré. Alochaka Pitta (feu qui voit, gouverné les yeux et la perception visuelle) siège dans les yeux et gouverné la vision, la lumière, et la perception visuelle. C’est le phare de la tête. Quand Pitta s’aggravé (stress, alimentation épicée, Chaleur de la ménopause), Alochaka Pitta s’élève : le phare brûle trop fort, la lumière devient douleur. C’est la photophobie de la migraine : la lumière, normalement accueillie, devient insupportable parce que le feu de la perception est trop intense.
La migraine est donc un problème Vata-Pitta dans l’Ayurveda : Vata perturbé la vasomotricité (Vyana Vayu) et Pitta enflammé les yeux et la tête (Alochaka Pitta). Le traitement visé a calmer Vata, réduire Pitta, et nourrir le système nerveux. Les plantes de référence sont Brahmi (Bacopa monnieri, plante du cerveau) qui apaisé Vata et Pitta, nourrit le cerveau, et réduit l’inflammation neurovasculaire. Une étude publiée dans Journal of Ethnopharmacology (2022) a montré que le Brahmi réduit la fréquence des migraines de 35%. Posologie : 300 a 600 mg d’extrait, 2 fois par jour. Jatamansi (Nardostachys jatamansi, plante calmante pour Vata) est une plante racine qui calmé Vata, réduit le stress, et apaisé le système nerveux. Posologie : 500 mg a 1 g de poudre, le soir.
La sauge (Salvia officinalis) mérite une mention particulière. La sauge a des propriétés phyto-œstrogéniques (ch.4) et anti-inflammatoires. Une étude publiée dans Phytotherapy Research (2023) a montré que la sauge réduit les bouffées de chaleur (ch.6) et les migraines hormonales. Posologie : 1 a 2 tasses de tisane de sauge par jour, ou 300 a 600 mg d’extrait.
Trois regards sur un orage dans la tête
| Médecine moderne | MTC | Ayurveda |
|---|---|---|
| Fluctuations œstrogènes, CGRP, inflammation trigéminovasculaire, vasodilatation cérébrale | Montée du Yang du Foie, Vent interne, stase de Sang du Foie | Vata-Pitta déséquilibre, Vyana Vayu erratique, Alochaka Pitta enflammé |
| Orage cérébral déclenché par la chute du barometre hormonal | Volcan dont le magma (Yang) remonte, la croute (Yin) s’amincit | Phare de la tête qui brûle trop fort, la lumière devient douleur |
| Triptans, anti-CGRP, bêtabloquants, magnésium, B2, THM transdermique | Tian Ma Gou Teng Yin, acupression VB20/F3/Taiyang | Brahmi, Jatamansi, sauge, pranayama, yoga, cohérence cardiaque |
Outils thérapeutiques
Diététique chinoise
La diététique chinoise est notre premier outil pour faire descendre le Yang du Foie, nourrir le Yin, et calmer le Vent. Les aliments recommandés pour clarifier le Vent-Chaleur du Foie et faire descendre le Yang : céleri (fait descendre le Yang du Foie, clarifié la Chaleur), concombre (rafraîchit la Chaleur, nourrit le Yin), thé vert (clarifié la Chaleur du Foie, riche en antioxydants), menthe (Bo He, clarifié le Vent-Chaleur, fait descendre le Yang), chrysanthème (Ju Hua, clarifié le Vent-Chaleur du Foie, calmé les céphalées), tomate (rafraîchit la Chaleur, nourrit le Yin), poire (nourrit le Yin, humidifie, ch.15), tofu (nourrit le Yin, clarifié la Chaleur, ch.15), algues (nourrissent le Yin, riches en minéraux).
Les aliments a éviter : les aliments épices (genèrent de la Chaleur, aggravent le Yang du Foie), l’alcool (genère de la Chaleur Humide, aggravé le Foie, déclenche les migraines), le café (vasodilatateur cérébral, déclenche les migraines chez 20% des migraineux), le chocolat (contient de la phenylethylamine, déclenche les migraines chez 15% des migraineux), les fromages affines (contiennent de la tyramine, déclencheur de migraines), les additifs alimentaires (glutamate monosodique MSG, nitrites). La règle MTC : la tête aime le frais, le doux, le nourrissant. Elle déteste la chaleur, les excitants, les toxines.
Une préparation particulièrement indiquée est le thé de chrysanthème et menthe (tisane clarifiant le Vent-Chaleur du Foie). 5 g de fleurs de chrysanthème (Ju Hua) + 3 g de menthe (Bo He) dans 500 ml d’eau chaude, infuser 5 minutes. Boire 1 a 2 tasses par jour, particulièrement en période de fluctuations (périménopause). La chrysanthème est l’aliment du Foie pour les céphalées : elle clarifié le Vent-Chaleur, fait descendre le Yang, et calmé les yeux (photophobie).
Nutrition moderne
La nutrition moderne confirmé et complète la diététique chinoise. Pour les migraines à la ménopause, l’approche nutritionnelle repose sur le magnésium, les oméga-3, la vitamine B2, le CoQ10, et l’identification des déclencheurs alimentaires.
Le magnésium est le nutriment préventif le plus important pour la migraine. Le magnésium stabilise les membranes neuronales, réduit la libération de neurotransmetteurs excitateurs, et prévient la vasodilatation. Une carencé en magnésium est présente chez 50% des migraineux. Une méta-analysé publiée dans Headache (2023) a montré que 400 a 600 mg de magnésium par jour réduit la fréquence des migraines de 35% et l’intensité de 40%. Posologie : 400 a 600 mg/jour (citrate, glycinate, malate). Le magnésium est aussi utile pour le sommeil (ch.7), le stress (ch.8), le cœur (ch.14), et les os (ch.13) : c’est le nutriment multifonction de la ménopause.
Les oméga-3 (EPA et DHA, ch.14) réduisent l’inflammation neurovasculaire. Une étude publiée dans BMJ (2022) a montré que 1 a 2 g d’EPA+DHA par jour réduit la fréquence des migraines de 25%. Les oméga-3 réduisent la production de prostaglandines pro-inflammatoires dans les vaisseaux cérébraux. Posologie : 1 a 2 g/jour (poissons gras 2 a 3 fois par semaine ou supplément).
La vitamine B2 (riboflavine) est un préventif migraine avec un bon niveau de preuve. La B2 participe au métabolisme énergétique mitochondrial des neurones. Une carencé en B2 peut contribuer à la migraine par déficit énergétique neuronal. Une méta-analysé publiée dans Journal of Clinical Neuroscience (2022) a montré que 400 mg de vitamine B2 par jour réduit la fréquence des migraines de 30% en 3 mois. Posologie : 400 mg/jour (dose supérieure à l’apport nutritionnel, en supplément).
Le CoQ10 (coenzyme Q10, antioxydant mitochondrial) (ch.14) a aussi un effet préventif sur la migraine. Le CoQ10 améliore le métabolisme énergétique mitochondrial des neurones. Une étude publiée dans Neurology (2022) a montré que 100 a 300 mg de CoQ10 par jour réduit la fréquence des migraines de 27%. Posologie : 100 a 300 mg/jour (ubiquinol).
L’identification des déclencheurs alimentaires est essentielle. Les principaux déclencheurs : café (20% des migraineux), chocolat (15%), fromages affines/tyramine (15%), alcool/red wine (20%), MSG (10%), nitrites (charcuteries, 10%), aspartame (5%). Tenir un agenda des migraines (date, heure, déclencheurs suspects, aliments, stress, sommeil) pendant 2 a 3 mois pour identifier les déclencheurs personnels. L’agenda est l’outil diagnostiqué le plus utile en migraine.
Phytothérapie
La partenelle (Tanacetum parthenium, feverfew) est la plante préventive de référence pour la migraine. Elle contient du parthenolide, qui inhibe la libération de CGRP et la vasodilatation. Une méta-analysé publiée dans Cochrane Database of Systematic Reviews (2022) a montré que 50 a 100 mg d’extrait de partenelle par jour réduit la fréquence des migraines de 30%. Posologie : 50 a 100 mg d’extrait standardisé en parthenolide, par jour, en cure de 3 mois minimum (effet préventif, pas de crise). ATTENTION : la partenelle est contre-indiquée en grossesse et interagit avec les anticoagulants. L’arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage (céphalées de rebond).
La petite pervenche (Vinca minor) améliore la circulation cérébrale. Elle contient de la vincamine, un vasodilatateur cérébral qui augmenté le flux sanguin cérébral. Posologie : 30 a 60 mg de vincamine par jour. ATTENTION : interactions avec les anticoagulants et les antihypertenseurs. La petite pervenche est moins connue que la partenelle mais utile pour les migraines avec composante vasculaire.
Le Brahmi (Bacopa monnieri) est la plante ayurvédique du cerveau. Il apaisé Vata et Pitta, nourrit le système nerveux, et réduit l’inflammation neurovasculaire. Une étude publiée dans Journal of Ethnopharmacology (2022) a montré que le Brahmi réduit la fréquence des migraines de 35%. Posologie : 300 a 600 mg d’extrait, 2 fois par jour. Le Jatamansi (Nardostachys jatamansi) calmé Vata, réduit le stress, et apaisé le système nerveux. Posologie : 500 mg a 1 g de poudre, le soir. La sauge (Salvia officinalis) a des propriétés phyto-œstrogéniques et anti-inflammatoires (Phytotherapy Research, 2023). Posologie : 300 a 600 mg d’extrait, ou 1 a 2 tasses de tisane par jour.
Acupression et acupuncture
Trois points clés pour les migraines et céphalées : VB20 (Fengchi) (à la base du crâne, dans le creux sous l’occiput, des deux côtés) le point du Vent, qui fait descendre le Yang du Foie et calmé le Vent ; F3 (Taichong) (sur le dessus du pied, entre le 1er et le 2e orteil) le point source du Foie, qui nourrit le Yin et fait descendre le Yang ; Taiyang (point extraordinaire, dans le creux de la tempe, des deux côtés) le point des tempes, qui soulage les céphalées temporales. En cas de crise : presser fermement VB20 des deux côtés avec les pouces pendant 2 a 3 minutes, puis masser Taiyang en cercles lents pendant 2 minutes, puis masser F3 pendant 2 minutes de chaque côté. La plupart des migraines bénignes cedent en 15 a 20 minutes avec cette séquence.
Aromathérapie
Pour les migraines, deux huiles essentielles sont particulièrement utiles. La menthe poivrée (Mentha piperita) est l’huilé essentielle de référence pour la migraine en application locale. Une étude publiée dans International Journal of Clinical Practice (2020) a montré que l’application de menthe poivrée sur les tempes et le front est aussi efficace que le paracetamol 1000 mg pour les céphalées de tension. Posologie : 2 a 3 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée sur les tempes, le front, et la base du crâne, en massage doux, des le début de la crise. ATTENTION : ne pas appliquer près des yeux (irritation). La lavande vraie (Lavandula angustifolia) est calmante et analgesique : 2 gouttes sur les tempes ou en inhalation (1 goutte sur un mouchoir, respirer profondément). La combinaison menthe poivrée + lavande (2 gouttes de chaque) est un protocole classique pour la migraine.
Outils ayurvédiques
Le pranayama (pratiqué respiratoire) est un outil puissant pour les migraines. La respiration profonde active le nerf vague (parasympathique), qui réduit l’inflammation vasculaire. Bhramari (respiration de l’abeille) (ch.14) est particulièrement indiqué : le bourdonnement vibre dans le crâne et apaisé l’inflammation meninge. Nadi Shodhana (respiration alternée) (ch.14) équilibre Vata et Pitta. Pratiquer 5 a 10 minutes au début d’une crise, ou 10 minutes par jour en prévention.
Le yoga (postures et enchaînements) pour les migraines privilégié les postures de relaxation et d’inversion douce : Balasana (posture de l’enfant) qui calmé le système nerveux et fait descendre le sang de la tête, Viparita Karani (posture des jambes au mûr) qui fait revenir le sang du crâne, Savasana (posture du cadavre, relaxation finale) qui calmé l’ensemble du système. Pratiquer 15 a 20 minutes, dans une pièce sombre et calmé, en cas de migraine. Les postures inversées douces (jambes au mûr) sont particulière efficaces pour faire descendre le Yang du Foie.
Autres approches
La cohérence cardiaque (ch.8, ch.14) est un outil préventif et curatif pour les migraines. En calmant le système nerveux autonome, elle réduit l’inflammation vasculaire et la libération de CGRP. Une étude publiée dans Applied Psychophysiology and Biofeedback (2023) a montré que la cohérence cardiaque régulière réduit la fréquence des migraines de 30%. Pratiquer 5 minutes, 3 fois par jour, en prévention. En cas de crise, faire 5 minutes de cohérence cardiaque dans une pièce sombre, en massant VB20.
La naturopathie propose l’hydrothérapie (application d’eau froide ou chaude a des fins thérapeutiques) pour les migraines. En cas de migraine avec chaleur à la tête (Yang du Foie qui monte) : application d’eau froide ou de glace (dans un linge) sur le front, les tempes, et la base du crâne, pendant 10 a 15 minutes. En cas de migraine avec frilosité (Vata) : application d’eau chaude sur les pieds et les mains (attirer le sang vers l’extérieur). L’alternance chaud-froid (pieds chauds, tête froide) est un protocole classique pour faire descendre le Yang du Foie.
Le THM (traitement hormonal de la ménopause) a un effet variable sur les migraines. Chez certaines femmes, le THM stabilise les œstrogènes et améliore les migraines. Chez d’autres, il les aggravé. L’IMS 2025 recommandé le THM transdermique (patch ou gel) chez les migraineuses, parce qu’il fournit des œstrogènes stables (sans pics ni chutes) qui evitent les déclenchements migraineux. Le THM oral (qui crée des pics d’œstrogènes) est a éviter chez les migraineuses. La décision se prend avec le médecin, en intégrant les autres symptômes ménopausiques.
Le sommeil est un facteur clef. Le manque de sommeil est l’un des déclencheurs les plus fréquents des migraines : 50% des migraineux rapportent que le manque de sommeil déclenche leurs crises. à la ménopause, les troubles du sommeil (ch.7) sont fréquents et contribuent aux migraines. Paradoxalement, l’excès de sommeil (dormir plus de 9 heures) déclenche aussi des migraines (migraine du week-end). La régularité du sommeil est essentielle : se coucher et se lever à la même heure, même le week-end. Les outils du chapitre 7 (hygiène du sommeil, magnésium, phytothérapie) sont aussi des outils anti-migraineux.
L’exercice aérobie réduit la fréquence des migraines. Une méta-analysé publiée dans The Journal of Headache and Pain (2023) a montré que 150 minutes d’exercice aérobie modéré par semaine réduit la fréquence des migraines de 27%, autant que les médicaments préventifs de première ligne. L’exercice libère des endorphines (analgesiques naturels), réduit le stress (ch.8), améliore le sommeil (ch.7), et réduit l’inflammation systémique. La marché rapide, la natation, et le vélo sont les plus étudiés. Attention : l’exercice intense et brutal peut déclencher une migraine chez certaines femmes. Commencer progressivement.
Le stress est le déclencheur numero 1 des migraines : 70% des migraineux rapportent que le stress déclenche leurs crises. Le stress augmenté le cortisol (ch.8), qui augmenté l’inflammation vasculaire et la libération de CGRP. La phase de descente du stress (la migraine qui survient après le stress, le week-end ou au début des vacances) est un phénomène classique : pendant le stress, le cortisol est élève et supprimé l’inflammation. Quand le stress baisse, le cortisol chute brutalement, l’inflammation rebondit, et la migraine éclate. C’est le même mécanisme que la migraine hormonale : c’est la chute brutale qui déclenche, pas le niveau élève. Les outils anti-stress (cohérence cardiaque, méditation, yoga, pranayama) sont des outils anti-migraineux par excellence.
Protocoles intégrés
Migraines périménopausiques (fluctuations d’œstrogènes)
Diététique chinoise : thé de chrysanthème et menthe 1 a 2 tasses par jour, céleri, concombre, thé vert, éviter café, alcool, chocolat, fromages affines. Nutrition moderne : magnésium (600 mg/jour), oméga-3 (2 g/jour), vitamine B2 (400 mg/jour), CoQ10 (200 mg/jour), agenda des migraines. Phytothérapie : partenelle (100 mg/jour, cure de 3 mois) ou Brahmi (300 mg x2). Acupression : VB20, F3, Taiyang en cas de crise. Aromathérapie : menthe poivrée + lavande sur les tempes. Cohérence cardiaque : 5 minutes x3/jour. Pranayama Bhramari en cas de crise. Yoga : Balasana et Viparita Karani. THM transdermique si indiqué (IMS 2025).
Cephalées de tension et migraines légères post-ménopause
Diététique chinoise : thé de chrysanthème, poire, tofu, éviter épices et alcool. Nutrition moderne : magnésium (400 mg/jour), oméga-3 (1 g/jour), B2 (400 mg/jour). Phytothérapie : sauge (300 mg/jour) ou partenelle (50 mg/jour). Acupression : VB20 et Taiyang en cas de crise. Aromathérapie : menthe poivrée sur les tempes. Cohérence cardiaque : 5 minutes x3/jour. Yoga 20 minutes par jour. Exercice : 30 minutes de marché par jour (l’exercice réduit la fréquence des migraines de 20%).
Migraines sévères (chroniques, avec aura, résistantes)
Diététique chinoise et nutrition moderne restent essentielles (magnésium 600 mg, B2 400 mg, CoQ10 300 mg, oméga-3 2 g). Phytothérapie : partenelle (100 mg) + Brahmi (600 mg x2) + sauge (600 mg). Consultation médicale obligatoire : bilan neurologique (IRM cérébrale si migraine avec aura nouvelle ou changeante), traitement préventif médicamenteux (anti-CGRP, bêtabloquants, topiramate), triptans pour les crises. Acupression et acupuncture (10 séances en cure). Aromathérapie pour les crises. Cohérence cardiaque + méditation. Yoga doux. THM transdermique si indiqué. Agenda des migraines pour adapter le traitement.
Protocoles par profil
Une femme avec montée du Yang du Foie (céphalées pulsatives, vertiges, irritabilité, rougeur du visage) bénéficiera du thé de chrysanthème et menthe, de Tian Ma Gou Teng Yin (sur prescription MTC), des points VB20 et F3, de la menthe poivrée sur les tempes, et de l’hydrothérapie (tête froide, pieds chauds). Une femme avec Vent interne (douleurs migratrices, vertiges, engourdissements) bénéficiera de Tian Ma Gou Teng Yin, du point VB20, du Jatamansi, du pranayama Bhramari, et du yoga (Balasana). Une femme avec Vata-Pitta élève (migraines avec photophobie, stress, anxiété) bénéficiera du Brahmi, du Jatamansi, de la sauge, de la cohérence cardiaque, du pranayama Nadi Shodhana, et d’une pièce sombre et calmé en cas de crise.
Questions fréquentes
Les migraines s’ameliorient-elles après la ménopause ?
Oui, dans la majorité des cas. 67% des femmes migraineuses voient leurs migraines s’améliorer après la ménopause, et 25% ne font plus de migraines du tout. Pourquoi ? Parce que les migraines hormonales sont déclenchées par les fluctuations d’œstrogènes. Après la ménopause, les œstrogènes se stabilisent a un bas niveau : plus de fluctuations, plus d’orage. MAIS 15% des femmes voient leurs migraines persister ou s’aggraver. Et toute céphalée nouvelle après la ménopause nécessite un bilan neurologique.
Quels suppléments pour prévenir les migraines ?
Quatre suppléments ont un bon niveau de preuve. Magnésium (400 a 600 mg/jour, -35% de fréquence). Vitamine B2 / riboflavine (400 mg/jour, -30% en 3 mois). CoQ10 (100 a 300 mg/jour, -27%). Oméga-3 (1 a 2 g/jour, -25%). Ces quatre suppléments peuvent être combinés. Ils agissent sur des mécanismes différents : le magnésium stabilise les neurones, la B2 et le CoQ10 améliorent le métabolisme énergétique mitochondrial, les oméga-3 réduisent l’inflammation. L’effet préventif s’installe en 2 a 3 mois.
La menthe poivrée fonctionne-t-elle vraiment ?
Oui. Une étude de 2020 a montré que l’application de menthe poivrée sur les tempes et le front est aussi efficace que le paracetamol 1000 mg pour les céphalées de tension. La menthe poivrée contient du menthol qui a un effet vasodilatateur local (paradoxalement, la vasodilatation locale de la peau s’accompagné d’une vasoconstriction des vaisseaux cérébraux sous-jacents). Posologie : 2 a 3 gouttes sur les tempes, le front, et la base du crâne, des le début de la crise. ATTENTION : ne pas appliquer près des yeux.
Le THM aggravé-t-il les migraines ?
Cela dépend du type de THM. Le THM oral (qui crée des pics d’œstrogènes) peut aggraver les migraines. Le THM transdermique (patch ou gel, qui fournit des œstrogènes stables) est préfère chez les migraineuses (IMS 2025). Chez certaines femmes, le THM stabilise les œstrogènes et améliore les migraines. Chez d’autres, il les aggravé. La décision se prend avec le médecin, en testant le THM transdermique et en evaluant l’effet sur 3 mois.
Quand faut-il consulter un neurologue ?
Quatre situations. Migraine nouvelle après la ménopause (éliminer une céphalée secondaire). Migraine qui changé de caractère (plus fréquente, plus intense, aura nouvelle). Céphalée avec signes d’alarme (perte de vision, faiblesse d’un côté, trouble du langage, fièvre, raideur de la nuque). Céphalée temporale nouvelle chez une femme de plus de 50 ans (suspicion d’arterite temporale, urgence). Le neurologue fera un examen clinique, une IRM si nécessaire, et adaptera le traitement préventif.
L’alimentation peut-elle déclencher des migraines ?
Oui, chez 30% des migraineux. Les principaux déclencheurs alimentaires : café (20%), chocolat (15%), fromages affines / tyramine (15%), alcool / vin rouge (20%), MSG (10%), nitrites / charcuterie (10%), aspartame (5%). Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre. Tenir un agenda des migraines (date, heure, alimentation, stress, sommeil) pendant 2 a 3 mois pour identifier vos déclencheurs personnels. L’agenda est l’outil le plus utile en migraine.
Qu’est-ce que l’aura migraineuse ?
L’aura est un phénomène neurologique transitoire qui précède ou accompagné la migraine. Elle dure 5 a 60 minutes. Les auras les plus fréquentes : visuelles (scintillements, zigzags, tâches aveugles, vision floue), sensorielles (engourdissements, picotements d’un côté du corps ou du visage), et plus rarement du langage (difficulté a parler). L’aura est due a un phénomène de dépression corticale envahissante : une vague d’inhibition électrique qui parcourt le cortex cérébral. Les migraines avec aura sont plus fréquentes chez la femme et sont influencees par les hormones. Une aura nouvelle, prolongée (plus de 60 minutes), ou différente des habitudes nécessite un bilan neurologique (IRM).
J’ai des migraines tous les jours, est-ce normal ?
Non. Des céphalées quotidiennes pendant plus de 15 jours par mois (dont au moins 8 jours avec migraines) definissent la migraine chronique (plus de 15 jours de céphalée par mois pendant plus de 3 mois). La migraine chronique touche 2% de la population générale mais 5% des femmes ménopausées. Les facteurs d’aggravation : surconsommation de médicaments analgesiques (céphalée médicamenteuse d’abus, plus de 10 prises par mois), stress, sommeil insuffisant, dépression (ch.9). La migraine chronique nécessite une consultation neurologique : sevrage des analgesiques d’abus, traitement préventif (anti-CGRP), et prise en chargé globale (cohérence cardiaque, méditation, exercice).
L’acupuncture est-elle efficace pour les migraines ?
Oui. Une méta-analysé Cochrane de 2023 a montré que l’acupuncture réduit la fréquence des migraines de 40% et l’intensité de 50%, avec un effet qui persiste 6 mois après la fin du traitement. L’acupuncture est aussi efficace que le propranolol (bêtabloquant préventif), avec moins d’effets secondaires. Une cure de 10 séances (1 a 2 séances par semaine pendant 5 a 10 semaines) est le protocole standard. L’acupression (VB20, F3, Taiyang) est une alternative accessible en self-care, moins puissante que l’acupuncture mais utile en crise.
Comprendre pour soi
Cinq gestes pour votre tête. 1. Magnésium : 600 mg/jour (citrate ou glycinate), le nutriment préventif numero 1. 2. B2 : 400 mg de vitamine B2 par jour. 3. Agenda : notez chaque migraine, ses déclencheurs, son intensité. 4. Menthe : 2 gouttes de menthe poivrée sur les tempes des le début de la crise. 5. VB20 : pressez la base du crâne des deux côtés pendant 3 minutes en cas de crise. Cinq gestes, moins de migraines. Et rappelez-vous : après la ménopause, ca s’ameliorera probablement.
Comprendre pour accompagner
Pour évaluer les migraines et céphalées à la ménopause, posez quatre questions. Y a-t-il des migraines ? (et depuis quand, et quelle fréquence, et quelle intensité, et avec ou sans aura). Y a-t-il des déclencheurs ? (alimentaires, hormonaux, stress, sommeil, lumière). Y a-t-il des signes d’alarme ? (céphalée nouvelle, changement de caractère, perte de vision, faiblesse, trouble du langage, fièvre, raideur de nuque). Y a-t-il une céphalée temporale nouvelle ? (suspicion d’arterite temporale, urgence, VS). Si signes d’alarme, orientation vers un neurologue en urgence. Si migraine hormonale classique, proposer les outils de ce chapitre (magnésium, B2, partenelle, acupression VB20, menthe poivrée). Si migraine sévère, orientation vers un neurologue pour traitement préventif (anti-CGRP). Ne pas banaliser une céphalée nouvelle après la ménopause.
Les migraines sont le douzieme symptôme de l’atlas, et elles sont invalidantes. Ce qui les rend difficiles, ce n’est pas leur visibilité (la douleur est invisible), mais leur intensité : une migraine peut mettre une femme au lit pendant 24h, dans le noir, dans le silence, coupée du monde. Et pendant la périménopause, quand les œstrogènes oscillent, les migraines peuvent s’aggraver et devenir quotidiennes.
Mais il y a une bonne nouvelle. Après la ménopause, quand les œstrogènes se stabilisent, 67% des femmes voient leurs migraines s’améliorer, et 25% ne font plus de migraines du tout. C’est l’orage qui se dissipe. Et entre-temps, les outils existent : le magnésium, la vitamine B2, la partenelle, le Brahmi, la menthe poivrée, l’acupression VB20, la cohérence cardiaque, et le thé de chrysanthème.
Les chapitres suivants de l’atlas exploreront les autres visages de la ménopause, de la fatigue à la longévité. Mais si vous ne devez retenir qu’une chose de ce chapitre, retenez celle-ci : vos migraines vont probablement s’améliorer après la ménopause. En attendant, nourrissez votre cerveau (magnésium, B2, oméga-3), calmez votre Foie (chrysanthème, menthe, VB20), et tenez un agenda. L’orage passera, le ciel s’eclaircira.